F… comme Fori et P… comme primevère
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Springtime, primavera… ou fori : c’est le printemps ! À Chamonix, comme partout, le printemps est synonyme de renouveau, de jeunesse, et c’est en l’honneur de la jeunesse que la promenade qui longe l’Arve et qui dessert le collège et le centre sportif a été baptisée « promenade du Fori ».
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Springtime, primavera… ou fori : c’est le printemps ! À Chamonix, comme partout, le printemps est synonyme de renouveau, de jeunesse, et c’est en l’honneur de la jeunesse que la promenade qui longe l’Arve et qui dessert le collège et le centre sportif a été baptisée « promenade du Fori ».
Pour les anciens, le printemps, ou fori signifiait, en même temps que le retour des beaux jours, la reprise des nombreuses activités extérieures. Selon Marie Claret[1], c’est aux alentours du 10 mai qu’après un très long hiver on pouvait enfin libérer les bêtes de l’étable et les conduire au pâturage. Les enfants devenaient pâtres pour 4 ou 6 heures par jour dans les vernaies proches. On a quelquefois donné le nom de fori à ces tout premiers pâturages.
Et puis le printemps, c’est aussi la primavera, la primevère. Dans nos montagnes, hors la primevère cultivée des jardins, on en trouve notamment deux espèces : la rose et la jaune.
La jaune, c’est la primevère officinale, le coucou, appelé aussi Printanière, Brayette, Primerole, Fleur de Printemps, Oreille d’Ours, Herbe de St Paul ou Clé de St Pierre … Quand le coucou chante, le coucou fleurit : sur les talus, dans les prés, au bord des chemins ombragés. Tous les enfants l’adorent, il appelle les beaux jours de ses jolies petites collerettes jaune pâle. Et puis les anciens, bien avant nos savants chimistes d’aujourd’hui, avaient découvert ses vertus médicinales : on l’utilisait contre la toux ou la fièvre, on lui attribuait des activités anti-inflammatoires, diurétiques, antispasmodiques et même sédatives … Fleurs, feuilles, racines, tout était bon !
La rose, c’est la primevère farineuse, l’amie des nymphes. On la découvre plus tard dans la saison, petite et fine, au bord des ruisseaux ou dans les prés mouillés des alpages. Perchées sur des tiges de 5 ou 10 centimètres, ses ombelles présentent de beaux camaïeux de mauve, vieux rose, carmin ou violet.
[1] Le patois à Chamonix – Edition Mairie de Chamonix – 1978